vendredi 15 octobre 2010

On a tous changé, on a tous grandi. On a connu des coups durs, des moments heureux. On a appris, on a aimé, on a perdu, on a gagné. On est devenu ce que l'on est. On changera encore parce qu'on accumule les années, les sottises, les délires, les amitiés, les stupidités, les soirées de déprime, les matinées de cuite, les histoires sans lendemain, et les lendemains sans histoire.

mardi 12 octobre 2010


Il était une fois un poisson dans le ciel
Un poisson qui nageait tout seul vers le soleil.


Arrêter d'arrêter d'arrêter.

Il faudrait que j'arrête la musique, que j'arrête d'allonger ma liste de course, de repousser le moment où je dois relire mes cours, que j'arrête de rêver et d'écrire. Il faudrait que j'arrête de penser, de m'amuser, de boire ; que j'arrête de sortir le vendredi soir. Il faudrait que j'arrête de rentrer, que j'arrête d'oublier, que j'arrête de faire semblant, de critiquer, de regarder des films sanglants. Il faudrait que j'arrête de changer, de rire, d'être pressée. D'être en retard, de ne pas écouter, de me moquer. Il faudrait que j'arrête d'arrêter, que j'arrête d'être moi, que j'arrête de penser à toi ; que j'arrête d'être ivre et que j'arrête de vivre ?

lundi 11 octobre 2010

Au fond, j'avais envie de lui dire : mais vous croyez pas Madame, qu'à dix huit ans on a d'autres préoccupations? Ce n'est même pas notre faute. Si l'on pouvait obliger notre esprit à penser mieux, on le ferait sans hésiter.

dimanche 10 octobre 2010

Egocentrisme.
 
Je passe mon temps à me bousiller
A m'écorcher
A faire du pied à des casseroles
Rêver de rêves
Me casser les dents
Jouer mon rôle

Casser l'élan
Perdre pied
Satanée réalité

Le soleil fume
Il s'enrhume à petit feu
Quelques traits de brume
Au fond de mon coeur creux.

La terre est catastrophée
Le réseau de transport catastrophique
Abolition des fées
A grand coup de trique.

 On ne va nulle part
On se perd dans la nuit
Nuit qui s'enfuit
Au mois de mai
Sans jamais nous aimer
Car il n'y a plus rien de magique

De toute façon, il est trop tard
Pour entrer dans la ronde,
Pour songer au reste du monde...
Moi, j'aimerais bien être une de ses héroïnes de roman, un peu trop sûre d'elle. Sur qui toute le monde se retourne. J'aimerais être une princesse au royaume du soleil, une gamine naïve qui veut découvrir le monde. J'aimerais être la fille de ses rêves ou alors un papillon pour passer ma nuit à me cogner contre une fenêtre. <3
Je me recroqueville au fond de mon antre. Il n'y a plus rien à faire, plus d'échappatoire. Il faut se résigner, laisser faire. Subir. Endurer la morsure brûlante du froid, les passions inanimées, les jours sans vie et les nuits altérées. Perdre sang-froid, éclater, tambouriner, crier sa haine ; en vain. Il vaut mieux se taire, et laisser faire, plus de courage, ni d'harmonie ; seulement un morceau de chair blanche reposant au fond des ténèbres, perdue et sans volonté, si ce n'est celle de laisser faire, de se laisser aller, car il n'y a plus rien à désirer.

Alors la prochaine fois, quand tu cours à tout hasard parmi les feuilles bariolées de l'automne, à travers les rues animées de la ville,  tâche de ne pas t'égarer car le ciel est bas et l'obscurité tombe vite. Gare à toi si tu ne la vois pas, te voilà captive de ta propre inhumanité.

Enivrez-vous, Baudelaire

" Et si quelquefois sur les marches d'un palais, sur l'herbe verte d'un fossé, dans la solitude morne de votre chambre, vous vous réveillez, l'ivresse déjà diminuée ou disparue, demandez au vent, à la vague, à l'étoile, à l'oiseau, à l'horloge, à tout ce qui fuit, à tout ce qui gémit, à tout ce qui roule, à tout ce qui chante, à tout ce qui parle, demandez quelle heure il est. Et le vent, la vague, l'étoile, l'oiseau, l'horloge vous répondrons : 'il est l'heure de s'enivrer'."

vendredi 8 octobre 2010




Les rêves recoupent notre vie. Ils se mêlent à nos souvenirs et à notre passé. Ils se tordent dans les sens, s'accumulent, se bousculent et n'ont plus aucun sens. Pourtant des milliers de signification pourraient être imaginées. Rattrapez vos rêves, ne les laissez pas s'envoler, car peut-être qu'un jour, vous les comprendrez.

mercredi 6 octobre 2010


Si tu soulevais le rideau de lumière, tu apercevrais surement l'étendue de mes rêves.


On ne badine pas avec l'amour, Musset

 Acte II, Scène 5

PERDICAN
Sais-tu ce que c'est que des nonnes, malheureuse fille ? Elles qui te représentent l'amour des hommes comme un mensonge, savent-elles qu'il y a pis encore, le mensonge de l'amour divin ? Savent-elles que c'est un crime qu'elles font, de venir chuchoter à une vierge des paroles de femme ? Ah ! comme elles t'ont fait la leçon ! Comme j'avais prévu tout cela quand tu t'ès arrêtée devant le portrait de notre vieille tante ! Tu voulais partir sans me serrer la main ; tu ne voulais revoir ni ce bois, ni cette pauvre petite fontaine qui nous regarde tout en larmes ; tu reniais les jours de ton enfance ; et le masque de plâtre que les nonnes t'ont plaqué sur les joues me refusait un baiser de frère ; mais ton coeur a battu ; il a oublié sa leçon, lui qui ne sait pas lire, et tu es revenue t'asseoir sur l'herbe où nous voilà. Eh bien ! Camille, ces femmes ont bien parlé ; elles t'ont mise dans le vrai chemin ; il pourra m'en coûter le bonheur de ma vie ; mais dis-leur cela de ma part : le ciel n'est pas pour elles.

CAMILLE
Ni pour moi, n'est-ce pas ?

PERDICAN
Adieu, Camille, retourne à ton couvent, et lorsqu'on te fera de ces récits hideux qui t'ont empoisonnée, réponds ce que je vais te dire : Tous les hommes sont menteurs, inconstants, faux, bavards, hypocrites, orgueilleux et lâches, méprisables et sensuels ; toutes les femmes sont perfides, artificieuses, vaniteuses, curieuses et dépravées ; le monde n'est qu'un égout sans fond où les phoques les plus informes rampent et se tordent sur des montagnes de fange ; mais il y a au monde une chose sainte et sublime, c'est l'union de deux de ces êtres si imparfaits et si affreux. On est souvent trompé en amour, souvent blessé et souvent malheureux ; mais on aime, et quand on est sur le bord de sa tombe, on se retourne pour regarder en arrière ; et on se dit : “ J'ai souffert souvent, je me suis trompé quelquefois, mais j'ai aimé. C'est moi qui ai vécu, et non pas un être factice créé par mon orgueil et mon ennui. ”
Il sort.


 Acte III, Scène 8

PERDICAN
Insensés que nous sommes ! nous nous aimons. Quel songe avons-nous fait, Camille ? Quelles vaines paroles, quelles misérables folies ont passé comme un vent funeste entre nous deux ? Lequel de nous a voulu tromper l'autre ? Hélas ! cette vie est elle-même un si pénible rêve : pourquoi encore y mêler les nôtres ? ô mon Dieu ! le bonheur est une perle si rare dans cet océan d'ici-bas ! Tu nous l'avais donné, pêcheur céleste, tu l'avais tiré pour nous des profondeurs de l'abîme, cet inestimable joyau ; et nous, comme des enfants gâtés que nous sommes, nous en avons fait un jouet. Le vert sentier qui nous amenait l'un vers l'autre avait une pente si douce, il était entouré de buissons si fleuris, il se perdait dans un si tranquille horizon ! Il a bien fallu que la vanité, le bavardage et la colère vinssent jeter leurs rochers informes sur cette route céleste, qui nous aurait conduits à toi dans un baiser ! Il a bien fallu que nous nous fissions du mal, car nous sommes des hommes. O insensés ! nous nous aimons.
Il la prend dans ses bras.

CAMILLE
Oui, nous nous aimons, Perdican ; laisse-moi le sentir sur ton coeur. Ce Dieu qui nous regarde ne s'en offensera pas ; il veut bien que je t'aime ; il y a quinze ans qu'il le sait.

dimanche 3 octobre 2010

_ Tu as vu ?
_ Quoi ?

_ Rien.

Comment avait-il pu ne rien remarquer. Moi je les distinguais de tellement loin, ses petites perles colorées qui dansaient autour de ses yeux. Il était là, comme ça, assis sur un banc, au milieu d'un parc. Seul avec lui même. Parfois sa tête oscillait un peu, dégageant de savoureux parfums qui se mêlaient à ceux de la nature. Tout son être faisait resplendir le monde qui l'entourait. Les oiseaux se cachaient car leur chant n'aurait pu égaler sa voix suave. Il était une merveille à lui tout seul, perdu au milieu des feuillages, immobile parmi les fleurs. Peu importe les jours et les saisons, il restait là, toujours à la même place et contemplait l'espace tout en faisant abstraction. Et moi, bien sur, je ne comprenais pas..