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mercredi 14 octobre 2015

Dans le fond, Baudelaire a tout compris, toute vie est une lutte acharnée entre le Spleen et l'Idéal.

mercredi 24 juin 2015

Avant je lisais beaucoup, j'avalais romans et autres fictions à une allure supersonique, mais en plus de ça je lisais des blogs littéraires, trouvés ici ou là, des blogs de parfaits inconnus ayant un réel don pour l'écriture et une véritable sensibilité. Ces lectures m'enrichissaient indéniablement, car des hommes vrais s'exprimaient en romançant leur vie. Leurs histoires me touchaient par ce qu'elles avaient de réel et de mystérieux, car ne connaissant rien de la vie de ces gens, je ne pouvais qu'essayer de comprendre ce qui se disait maladroitement entre les lignes.   

Je me sentais proche de cette fille qui écrit : "je les ai détruits pour rester entière". (http://cigarette-and-coffee-milk.cowblog.fr/) ou de cette dame qui dit "Alors, je m'exécute = je procède à mon exécution." (http://solitudemonamour.blogspot.fr/). 

Malheureusement, petit à petit, de nombreux blogs ont fermé ou changé d'adresse et je n'ai pas suivi le mouvement. J'ai lentement abandonné cette pratique, tout comme j'ai abandonné l'écriture... est-ce moi qui ai changé ou la société ? Prête-t-on moins d'importance aux belles phrases, aux choses bien dites ? Aujourd'hui tout doit aller vite et on ne prend plus le temps de choisir les bons mots. En tout cas, moi je ne prends plus assez le temps.

S'il manque une chose à ma vie c'est bien celle là : la légèreté, la dureté, la beauté de la littérature, de la confrontation du réel et du fictif qui nous permet de rêver et de grandir, qui nous élève et nous empêche de régresser. 

Je suis passée d'une lecture naïve à une lecture réflexive, d'une écriture naïve à une écriture réflexive, autrement dit, à une lecture enrichie et à une écriture anéantie. 
J'aimerais écrire Le Livre impossible.

mardi 12 mai 2015

Au fond, la forme la plus pure d'expression est le silence.

lundi 4 mai 2015

Aujourd'hui je suis allée voir Cobain : Montage of Heck. J'y suis allée seule parce que je n'ai trouvé personne pour m'accompagner. Peut-être que je n'ai pas assez bien cherché. Peu importe. J'étais triste de ne pas pouvoir partager ce moment avec quelqu'un.

Il y avait une queue immense à l'entrée, j'entendais les gens parler et j'étais énervée de ne pouvoir parler à personne ; et à l'intérieur les gens gardaient des places pour des personnes qui devaient arriver. Je trouve cela égoïste, mais peut-être que cela ne m'aurait pas autant énervé si j'avais eu moi aussi quelqu'un à attendre.

Le film a commencé et j'ai rapidement oublié tous mes problèmes, j'ai vu Kurt enfant, faisant des sourires et des signes de main, et je l'ai vu devenir grand. Je l'ai vu souffrir et sourire encore. Le téléphone de ma voisine a sonné deux fois, mais peu importe. J'ai passé un bon moment. 

Quand je suis sortie, il faisait incroyablement bon et j'étais incroyablement bien. J'étais contente d'avoir fait quelque chose et de ne pas m'être privée car personne ne voulait m'accompagner. J'ai marché jusqu'à chez moi, dans la nuit, seulement éclairée par les lampadaires, la ville est plus confidentielle, elle se livre à moi et je me livre à elle. Mes pensées voguent sous les étoiles, je n'entends que le bruissement des feuilles et le bruit de mes pas. Une voiture passe de temps en temps, interrompant ce muet dialogue, je continue en silence mon chemin et je me prends à regretter d'être déjà arrivée.

Je voudrais retranscrire mes pensées telles que je les ai ressenties, mais il faut croire que cela est difficilement faisable à moins d'écrire en marchant et cela romprait le charme. 

Le film montre les différents cahiers de Kurt, moi aussi j'aimerais écrire comme ça, tous les jours, noter sur un carnet mes pensées, mais je ne peux me fixer. J'ai commencé des dizaines de cahiers que j'ai rapidement abandonnés, ne noircissant à chaque fois que quelques pages. Peut-être que changer de cahier était pour moi un moyen de passer à autre chose, un moyen de grandir, de m'évader mais aussi de ne pas terminer, de ne pas m'astreindre à un travail d'écriture continu. Je veux dire par là qu'il est parfois inutile d'écrire pour évoquer une journée qui n'a que peu d'intérêt, où il ne se passe rien....

Mais en réalité, il se passe toujours quelque chose, on n'a juste pas le temps de s'en rendre compte, ou on ne prend pas le temps d'avoir le recul nécessaire pour tirer ce qu'il y a tirer du temps. Je ne m'ennuie plus assez. C'est un constat à la fois agréable et pénible : agréable car étant occupée, j'ai moins de temps pour penser, et donc moins de temps pour déprimer et me morfondre, mais d'un autre côté, j'ai moins de temps (ou alors, je ne prends pas le temps) de réfléchir, de reculer et de me rendre compte de ma vie. Pourtant, je sens bien que cela est indispensable. Je fais trop de choses, mais je ne vis pas ma vie.

Je ne fais rien, je ne travaille pas, je ne vais pas en cours ou rarement, mais je ne m'ennuie pas, je ne m'ennuie jamais. Il y a tellement de choses à faire, tellement de films à voir, de livres à lire et de musique à écouter : une vie ne suffit pas surtout quand on passe comme moi son temps à le perdre. 

lundi 23 juin 2014

Est-ce parce que le bonheur est indicible que je n'écris pas ? Peut-être n'y a-t-il pas de mot assez beau, assez somptueux pour dire le bonheur, la volupté, l'allégresse. Rares sont les auteurs qui y parviennent. L'écriture se focalise toujours sur un moment de crise. Le bonheur, ne peut se lire qu'entre les lignes, comme ici, chez Stendhal : "Qui pourra décrire l'excès du bonheur de Julien? celui de Mathilde fut presque égal." "Mais il est plus sage de supprimer la description d'un tel degré d'égarement et de félicité." Le bonheur n'est qu'esquissé. Il est difficile d'écrire le bonheur, car chacun le vit à sa façon. Et pire que cela, chaque bonheur est unique. Chaque seconde est différente de la suivante. Comment représenter quelque chose d'aussi changeant que la vie ? 

Ou alors peut-être est-ce, tout simplement, parce que chacun veut profiter de son bonheur pleinement, entièrement, sans en perdre une seule seconde ? Sans prendre le temps de l'écrire. Ecrire le bonheur, c'est déjà le perdre un peu, le laisser s'envoler et en parler déjà avec nostalgie. 

J'ai longtemps admiré les auteurs qui excellent dans la peinture des désordres de l'âme, dans l'évocation de la détresse, de la souffrance intérieure. Aujourd'hui, j'admets que cela est facile (mais non pas évident), et j'admire d'autant plus les auteurs qui suscitent le rire, délicat et subtil. 

De toute façon, la vie est faite de contrastes. On aime aujourd'hui ce que l'on détestera demain et l'on ignore encore ce qui nous passionnera dans quelques années. Lorsque l'on se retourne vers le passé, on se rend compte de tout notre parcours. En tant qu'Humain et en tant qu'Homme. La vie est faite d'affrontements, de querelles, de guerres.  La flamme s'oppose à l'écume, le jour à la nuit, les antithèses fleurissent dans nos vies ;  notre "moi" est perpétuellement en guerre avec lui-même, c'est ce qui en fait la richesse et la beauté. 

 ***


Les auteurs ne sont pas maitres de leurs oeuvres mais ils le sont encore moins de leur vie. Que ce serait-il passé si Racine et Molière n'avaient pas rencontré Louis XIV ? Auraient-ils écrit ? Seraient-ils restés dans l'ombre ? Ou bien n'auraient-ils rien écrit ? Pas de Malade Imaginaire, pas d'Iphigénie. Aucune ligne des Précieuses ridicules, ni d'Andromaque. Que de gâchis! 
Combien de grands talents ignore-t-on aujourd'hui ? tout simplement parce que la société n'a pas valorisé leur génie ? Combien de talents s'ignorent eux-mêmes de nos jours, vivant dans l'ignorance de leurs propres capacités ? 

***


Faut-il revenir sur les mois passés ? Dans mon dernier post, je parlais de solitude. Il est grisant de constater à quel point la situation a changé. Tout d'un coup, la vie s'est accélérée, le monde s'est mis à tourner à mille à l'heure, tel un tourbillon endiablé :  fête, soirée, amitié, rencontres, musique, amour. Tout est allé si vite que je n'ai pas pu éviter le mur quand il m'est tombé dessus. 

Cela faisait longtemps que je ne m'étais pas sentie vivante

mercredi 26 mars 2014

Comment vit-on ? S'agit-il de vivre ou de survivre ?

L'amitié pure, désintéressée n'existe pas. Il s'agit juste d'une illusion. Chacun cherche son propre profit, veut se faire valoir, veut montrer l'étendu de sa culture, de son humour de sa sympathie, veut raconter sa vie, ses anecdotes, s'épancher, trouver une épaule sur laquelle pleurer en cas de besoin. L'amitié permet de venir à bout des besoins aussi bien physiques que moraux. On ne peut faire confiance à personne, même pas à soi-même. Le réel est décevant.

J'avais renoncé à l'Amour. Il faut maintenant abandonner l'amitié.
Je ne veux plus rien avoir, de peur d'avoir quelque chose à perdre.


Spleen serait une bonne marque de mouchoirs.
Je n'étais pas assez constante et cohérente avec moi-même pour écrire un roman ou une quelconque histoire qui suit son cours. Le réel est trop changeant. Il me fallait créer selon mes hauts et mes bas  tenir compte non pas de la folie créatrice, de l'inspiration divine, mais (ce qui revient, à quelque chose près, à la même chose, j'en conviens) du désordre de mon être, de cet élan parfois magique, parfois décevant et destructeur qu'est la vie.

Ainsi, je me sentais plus proche de la poésie. Mais qu'est-ce que la poésie aujourd'hui ? Personne ne le sait. 

De fait, mon oeuvre sera plurielle, inégale : à la fois poésie, roman, théâtre, récit de voyage, essai, pensées, critique ; elle se voudra tantôt drôle, tantôt ennuyeuse, tantôt métaphorique, tantôt autotelique, tantôt longue, tantôt brève, tantôt blanche, tantôt noire, elle alliera Spleen et Idéal ou peut-être qu'elle ne sera rien de tout cela et qu'elle finira avant d'avoir commencé. Elle ne sera pas l'oeuvre d'un auteur mais d'une pluralité d'identités qui tentent de se confondre. Il ne faudra donc pas s'étonner ni s'indigner du caractère paradoxal et antithétique d'un tel ouvrage. Encore une fois, je le répète, le réel est changeant : je ne suis pas moi.

Et je parle bien sûr d'un livre qui n'existe pas. Peut-être existera-t-il un jour. C'est tout le mal que je lui souhaite. Il s'agit d'une oeuvre à venir. Peut-être quelqu'un la créera-t-il avant moi et je le remercierai d'avoir vu clair dans ma conscience. Il y a si peu de gens Clairvoyants.


mardi 11 mars 2014

Une histoire aux relents de tragédie grecque.
On en revient toujours là au fond.

Se sentir pousser des ailes.
Prendre une bouffée de passé en pleine figure et m'envoler avec mes ailes d'ange..
Ma mémoire est pleine de poussière mais les mots, eux, se souviennent. (Skyrock powa).

Le réel est trop complexe pour être retranscrit par des mots ou par quoi que ce soit d'autre.

jeudi 30 janvier 2014

Je lis si peu en ce moment... mais le peu que je lis me comble grandement. Il y a encore des livres pour me faire vibrer. Sentir mon cœur battre en lisant les dernières pages et ressentir ce déchirement entre le besoin de terminer et cette envie de ralentir, et de s'arrêter, de prolonger à l'infini cet instant d'indécision où tout n'est pas encore achevé, vivre encore quelques instants avec les personnages, faire partie de leur quotidien... Proust dit la même chose mais s'exprime mieux que moi, malheureusement je n'arrive pas à trouver où.

Le vieil homme et la mer
Le lion


mercredi 6 novembre 2013

L'histoire de la fille transparente






















































































































































































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A défaut de parler à quelqu'un, je me parlerais à moi-même, je me dirais "Léo Ferré n'a pas tort : "avec le temps va, tout s'en va"" Je regarderais des photos et me dirais que la plupart de mes amis ont disparu, que la vie ne vaut pas vraiment le coup d'être vécue. Que faire dans ce monde ? Pourquoi lutter ? Pourquoi tant d'efforts chaque jour pour finir seule, oubliée et transparente ?

Merci à mon "moi qui écrit" de la part de mon "moi qui vit".
J'aurais tellement aimé parler à quelqu'un.